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27/01/2008

Le jardin des poètes-Béziers

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Et je rêvassais en la décence du lieu
Là où souffle la puissance inspiratrice.
Dans ce jardin de paradis, en ce milieu
Me vient la vision sacrée, celle créatrice.
 
......Alors que je composais, l'ombre des fleurs dansait sur l'ajouture de mes vers. De temps à autre, j'observais le magnolia qui berçait une lourde branche chargée de l'affiquet bouquet aux grappes florales odoriférantes. Une feuille luisante me caressait la joue, tandis que la cigale entamait ses derniers crissements.
...... L'onde de mon cœur toujours limpide désaltérait ma soif à développer, par l'idiome du poète, les rimes les plus en forme à la lueur d'une lune de Dieu, dans ce jardin parfumé de la présence des Maîtres auxquels je reste asservi moralement, au regard de la discipline de ma langue.
...... Les étoiles, comme clouées dans les hauteurs de l'empyrée, poussent à l'acmé l'inexorable fièvre de l'amant des Muses. Aussi, j'écris pour vous, dans cet oreiller de douceur, rémora et tout à la fois, aiguillon actif de l'impulsion.
...... Observez les ombrages du haut jardin, là où le buste du sanctifié se dresse en valeureux. Méditez le pouvoir de ses lexies complexes et compassées puis fixez le pérégrin, l'errant que je suis en ce lieu, dans ma quête de troubaire à exorciser mes vœux.
 
Et je rêvassais à la pudeur d'une plume
A sa cruauté, puis l'ouïr gémir d'amour
Dans ce jardin de paradis, là où nous fûmes
Tantôt amants et parfois humbles troubadours.
 
...... Alors, je composais ma ballade en son honneur car devenue mon amie, cette plume qui avait honte de sa laideur, sans visage, renaissante, en ce jardin éclairé de l'astre en lunaison. J'avais jusque là ignoré l'odeur des roses et des lilas, car tous leurs parfums restaient concentrés autour de ses lèvres d'amante des mots, alors que moi, je déchirais mon âme à charpenter l'aigreur. Le rossignol en s'étant tu, avait ouvert la voie car revenu des enfers, je retrouvais enfin celle des boulevards.
...... Chaque jour j'allais saluer l'effigie de Hugo. Ah si j'avais pu, je l'aurai dilué sous mes baisers mais encore, transformé en un fleuve d'inspiration aux neuf écluses d'illumination. Au partage des odes, je gratifiais ma Muse d'un lit d'une soie verte au courtil des assembleurs de nuées lumineuses et courtoisement, m'inclinant à l'hommage, je m'abandonnais aux affinés délices de ces parages.
 
Et je rêvassais là où ne ternit l'éclat
De par son harmonie, admirable beauté
Dans cet éden des pas au tapis de lilas
Un bijou de vierge au jardin de Béziers.
 
Artal  (01  2008)

 Les poèmes de Artal..

Exil de rêve

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Déambule l'homme qu'auront blanchi les ans
Sous le charme du parc qu'honorent les ormeaux
Quelques bancs de pierre verdis sur le chiendent
S'offrent à la richesse d'un vieux tesoretto.
 
L'onde bleutée du cours s'installe pour l'hiver
En sacrifiant ses fruits aux passionnés pêcheurs
La truite et le gardon pullulent dans l'eau claire
Y exaltant l'amour aux vers des moulineurs.
 
Bagnols sur Ceze, ton abri est mon refuge
Se lie à nos destins ton berceau de velours
Qui me conduit au rêve, à la crue de mes juges
Commencement de l'être pour la fin d'un discours
 
Douceur du lieu béni, la berge prometteuse
Offre au passant saisi un espace opportun
D'y mêler son fessier à l'amante soyeuse
Au douillet de son lit dans l'antique parfum.
 

Artal (Bagnols sur Ceze sept 2007)

 Les poèmes de Artal..

Bagnols sur Ceze

Bagnols sur Ceze

Le charme de la ville, son ravissant secret
Quand l'arôme enivrant cette odeur du café
Dans la rue aux piétons éveille les émois
Parcourant son allée, je clampine parfois.
 
L'éventaire abondant, s'emballe le désir
Madone sans l'enfant augure l 'avenir
Que Midi Libre soit qu'il chante le dessein
J'engage la venelle et déboîte serein
 
Aux arcades ceinture les dalles de Mallet
Sous la tour de l'horloge le relief éloquent
La place s'enjolive, un fabuleux cachet
Où l'agrément soyeux génère cet accent
 
Dans les pages fixées à ces fruits de l'histoire
Offertes à Rivarol, Alègre, Albert André
Je glane les trophées déposés en mémoire
Ces titres prestigieux au tableau déclaré
 
Et tandis que j'arpente dans ce conte fervent
Fait de roche et de terre en dévot insatiable
Se découvre la rue de son règne influent
Une placette noble au brillant mémorable.
 
Le décor proverbial, espace pénitents
La vierge protégée aux pierres d'autrefois
Vers la rue du ruisseau, le lavoir aux accents
Anciennes filatures des laines et de la soie.
 
Se lie à mon séjour cet arche de noblesse
Là-haut sur le rempart l'écran, ma forteresse
La voûte de lumière où je soigne mes maux
Etayant la prière, s'écoulent mes idéaux.
 
 
Ah qu'il fait bon vivre Monsieur le Maire
Dans votre Banhòus de Céser
 
Artal (Bagnols sur Ceze. janv. 2008)

 Les poèmes de Artal..