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25/02/2008

La Lourde close

Pour les trente ans d'un établissement pénitentiaire français. Une offre à la demande


La Lourde close

Une ombre que suivait une ombrine d'un doute
De son regard hagard suspendue de sa route
Entre l' acier forgé à panser ses pensées
Lèche au mur de béton quelques traces effacées
 
Mirador tour à tour il cherche les suivants
Des doubles illusions dans leurs esprits flottants
L'assujetti décompte la distance flexible
Séparant de sa cure les œuvres de l'impossible
 
De ce flot expansif, trente ans d'adversité
Il en a vu passer l'abri du condamné
Le maillon nuancé embrasser l'habitude
Des frères détenus que lie la solitude
 
Où il purge sa cause comptant les annuités
La lourde reste close, l'alcade en a les clés
Le reclus convaincu auquel j'offre ces vers
Est ombre solitaire verrouillée dans ses fers.
 
ARTAL Bagnols sur Ceze le 23/02/08

 Les poèmes de Artal..

15/02/2008

Lege quaeso

A l’heure de la prière, le regard tourné vers la pietà.


Lege quaeso

Tandis que mes fiançailles d'avec Agrypnie battent la fête, conjuguant ma nature d'homme à celle d'un animal solitaire, je poursuis ma quête du rêve de bohème dès que le pouvoir cérébral m'y autorise...Dans la profonde nuit de ce silence sépulcral qui m'envahit, sous l'astre de lumière de l'anodine lampe de chevet au pied grossier d'un bois verni tourné, je disparais dans mes maux.
Les pensées sont mes armes, le sommeil un ennemi, et je combats l'opposant sur le champ du cadran à panser mes plaies sans doctrine au déclin. Je vais, je viens tel le féroce du cirque donné à la curiosité d'un transit. Lui dans ses barreaux d'acier et moi entre mes quatre murs d'une chaux blanchie. Je suis au vague décomposé, un relégué baignant dans sa brume hagarde, blême jusqu'à l'asthénie totale. Et je scrute au sablier du temps, l'ambiance d'un goutte à goutte tombé de sa cascade qui dès l'aube va renaître. Courage, courage semble me lancer l'araneae suspendue dans ses fils, ta plume est insipide.
Sur le seuil, l'orée du jour cueille ses premières saveurs benoîtes. Le gibet est dressé autour duquel saigne la solitude des mots tranchés, il n'y a plus d'amant, la maîtresse s'isole dans l'avancée de son âge, à veiller les étoiles et leur route suivie

Aussi loin tu le peux, va, garde et t’en défends
Fuis celui devenu mendigot des étoiles
Un poète sans nom affaibli par le temps
Qui puise dans son rêve que recouvre le voile

Des chants de ses minuits aux pensées à la houle
Remâcher la saillie, l’infertile corps décroît
Où les mots se succèdent et quand le verbe foule
Les silences se font cris et les cris se font froids

Je cravache au désordre des souillures du clos en friand de ce soleil qui filtre mon tombeau. Le cœur est touché jusqu'à son défaut et cette peine que j'endure pour la beauté d'une flamme qui s'est éteinte un matin sur un baiser extrême à la longe de mon vers. Les lys et les lilas tapissent les jardins de géhenne où mon âme bouffie de ris artificiels au spectacle grotesque, musarde éthérée. Ma volonté rend ses hommages d'un dépit amer en grand secret à la cause du mal des mollesses d'amour, tout s'éteint sans mystère, les herbes encore fumantes et la lueur des candélabres et le fil de mes jours en ces turbulences hivernales, aux souvenirs qui me dévorent.
Ô souviens t'en ce jour, vêtue de brun, un châle sur les épaules où tu t'exposais au délice d'une fin d'automne, les bronzes silencieux au pacte factuel, j'étais faune et toi, jeune corps amour toute de beauté, fondante entre mes doigts, chère ombre devenue, toujours en splendeur divine et mon cœur trémulera éternellement au flot de ces silences nocturnes.
Les orages ont pâli les roses du courtil, ont pleuré le ciel, les vents, les rais du soleil, le reflet de nos ans d'où rayonnait l'amour alors que, peu à peu s'éteignaient les beaux jours. Toute cette œuvre de vie intime transporte sans repos sur les rives du Styx, mon âme et son bagage, nos riches splendeurs, ma misère et tes pleurs.

Mais comment m’acquitter du forfait d’infortune
Mon amour vétilleux, ses multiples accords
Au jardin des tendresses quand se vit la rancune
Les hier retrempés se noient aux désaccords

Nos printemps défeuillés, les funèbres blessures
De ces nuits qui projettent leurs obscures couleurs
Qu’accablent les péchés en montée des mercures
Sous les astres voilés ne guériront nos cœurs.

Que servent ces paroles à gorger l’univers
Cendres des feux impies mes songes sont chargés
Devrais-je submerger de mes sanglots amers
Les filles de Zeus par des chants de regrets.

Tout mon monde s’écroule, dois-je en disperser les ruines afin m’ouvrir sur une condition brutalement différente et toute nouvelle, mais comment ignorer tout ce passé, toi qui a été mienne, moi qui étais autre. Ce futur nécessaire n’existe pas alors que je ne suis qu’un démon d’Enfer qui essaie de guérir sa nostalgie à peindre et dépeindre ton visage à la fois si pur et si doux et je me dois de te rendre un intime hommage éternel, au pyrée de mon feu.
Cette aventure de reclus je la vie telle que je la mérite mais le lieu est si beau qu’il se forme ce contraste du pur et de l’impur, de l’héritier de cette antique Provence au déshérité de ce monde, piétinant l’Élysée primitif. Je bagote sur ce sentier occitanien estimant le fardeau de mes fautes, c’est une leçon de vivre, laquelle j’édifie au compte du « garri terré » privé de l’essentiel fécond des racines de ce monde. Les symboles s’infiltrent jusque dans mes songes, le fleuve qui nous sépare est un désordre des deux, venus s’unir dans le même lit depuis la nuit de nos temps. Mais on dit du temps qui se veut passé qu’il est hors du réel, que la vie est un songe couché sur son cauchemar, le penseur en sursis dans la spirale du mouvement.


Amère solitude je pendille en potence
L’étendue de mes nuits, espace confondu
A plier sous le faix qu’oppresse le silence
Je vis et désespère où le rêve est rompu.

Ô la Cèze dormeuse que j’envie votre lit
Mon être qui me fuit aux mânes s’est vendu
Je lui berce l’adieu soufflant ma poésie
Il est déjà bien tard mon monde trop perclus

J’arpente le déclin, se décroît mon ivresse
Une Agonie sans trêve que forge l’aboulie
L’ombre de mon destin en bien pâle caresse
Par ce miroir fantasque aux mille reflets polis.

Ton empreinte m’assiste, mirage de vermeil
Mais soudain tout se brise en fond de barbarie
Acidulé trumeau , consterné par l’éveil
Bien condamné je suis, le fiancé d’agrypnie.

Chanter l’affection, la splendeur idéale aux portes du Midi autour d’une souche d’olivier millénaire nourri de cette terre que nous aimons, qui t’aura vu naître et grandir tandis que moi je vivais la guerre, l’exil dès ma première décade, côtoyé la mort honorable et toute son unité négative. Tu vivais tes premières tresses et moi mes premiers cauchemars. J’ai longtemps cru que la vie durait une éternité, avec un assez long temps afin vivre un jour le bonheur édénique, mais combien j’ignorais que cette éternité là avait une fin. Je vis à présent ma solitude soit, dans le plus douillet des berceaux mais ce jour tu n’es plus là, pour attiser le campos.

J’avais rêvé ce monde voilé dans l’abandon
A méditer ton ombre, le galbe de ton corps
Tous ces moments vécus, ta chaste reddition
Figée dans la caresse aux offrandes d’accords

Imaginé ce règne celui de mon regain
Où je vis le moment dans l’antre des métriques
La fleur de poésie fécondée de ma main
En veilleur de ses nuits aux lueurs héroïques

Anticipé le temps, dérive du hasard
A me jouer de l’ère des signes du néant
De celui quotidien, il n’est jamais trop tard
Pour bayer aux nuées j’oublie le consternant

Ah, j’ai soif de la vie, les arts, leurs agréments
La saison du printemps dans les jardins fleuris
Te prendre par la main, clamer d’exquis serments
Sous le perron grisant des pures anagogies

Mais à me définir, sur le seuil de l’Érèbe
Je ne suis qu’un errant platonique songeur
Une œuvre du Démon que pâture la plèbe
La complainte surfaite du reclus louangeur

Perverti dans mes maux où bouillonne la rêverie, mon âme s’aboutant aux étreintes de la plume alors que la réserve me brûle les veines. Je sombre où la faiblesse est si douce dans les heures tardives de ce monde mi-lune, mi-soleil sous le pavois du ravissement. Un poème se naît et je cultive ses premiers sons. Il est à toi ma mie, Lege quaeso , lis le je t’en prie, au souvenir de l’enchantement qui fut notre, tandis que nous allâmes sur les granits tantôt noirs, tantôt roses, taillés d’une main maladroite, du moins, bien à distance du programme divin . Passifs, nous captivons la chaleur des crépuscules, ton sourire s’est éteint sur ton doux visage mais il demeure en moi et j’en informerai les gabelous du Grand Maître.

Je déclare Saint Père au mystère enivrant
Conserver l’anamnèse dans la perpétuité
L’amour et la sagesse, le sourire exaltant
De celle que j’ai aimée sans m’y être ajusté.

Je gage me soumettre aux lois de nos aînés
Aux saintes assemblées, a la constitution
Mais j’entends cultiver les éclats sublimés
L’ivresse de son cœur de par l’adoration.

Ô préservez Seigneur le philtre à l’apogée
Celui du pur regret en mon nuage cendreux
Endiguez ma souffrance protégez mon aimée
Des elfes diaboliques les foudres de ces gueux

J’expose mes péchés en fresque surchargée
La coulpe de la chair mon égoïsme affreux
Si près de vous Très-Haut mon âme protégée
Et son icône avec, au royaume glorieux

Je dépose à vos pieds mes errances insanes
Vous êtes le sauveur, la voie et le nocher
Offrez à mon élue les sources mélomanes
La lyre d’Amphion et prions là chanter.

Ô écoutez Seigneur le fond de sa pensée
En écho du soleil la musique des sphères
Toute la symphonie est aux anges adressée
L’âme d’une choriste en ses chants aurifères


Prisonnier de tes lèvres fraîches comme l'Issole, pareille de ta chair comme un oued divin, outre la confession, ce jour ma Muse, me devais de prier.


Artal....Bagnols sur Ceze, le 04 février 2008

 Les poèmes de Artal..

06/02/2008

Le fiancé d’agrypnie

Le fiancé d’agrypnie

Amère solitude je pendille en potence
L’étendue de mes nuits, espace confondu
A plier sous le faix qu’oppresse le silence
Je vis et désespère où le rêve est rompu.

Ô la Cèze dormeuse que j’envie votre lit
Mon être qui me fuit aux mânes s’est vendu
Je lui berce l’adieu soufflant ma poésie
Il est déjà bien tard mon monde trop perclus

J’arpente le déclin, se décroît mon ivresse
Une Agonie sans trêve que forge l’aboulie
L’ombre de mon destin en bien pâle caresse
Par ce miroir fantasque aux mille reflets polis

Ton empreinte m’assiste, mirage de vermeil
Mais soudain tout se brise en fond de barbarie
Acidulé trumeau , consterné par l’éveil
Bien condamné je suis, le fiancé d’agrypnie.

Artal (février 2008)

 Les poèmes de Artal..

Buccines de la mort

Gardons en nos mémoires l'épouvantement de l'enfer.
Artal


Buccines de la mort

Ami si tu entends le glas des mauvais jours
Sonner dans la brumaille et si ta vue se couvre
De nos aînés qui pleurent sous le vol des vautours
Au dessus de leur chair à déchoir sous un rouvre

Ami fais leur silence ils fixent les étoiles
Fouillant dans la brillance un mouvement du fruit
De l’amour d’un enfant trépas pour du gas-oil
Dans les sables rougis du sang de leurs petits

L’espace aux solitudes des opaques tombeaux
Qu’ici gît un prénom, un corps qui porte nom
Ils avaient un visage et c’étaient les plus beaux
Reposent ces vertus, les cendres du brandon.

Là, au champ de la paix leurs âmes confondues
Ces fleurs de notre histoire voyageurs du passé
Toutes races de cause, si jeunes dépourvus
Ô claveaux d’effusions, les avez-vous priées ?

Soyez hommes d’accords, des enfants de la terre
Qu’importe la couleur le sang est bien égal
Ami si tu entends ces buccines de guerre
De leurs faisceaux d’aubert, dénie finir au bal.


Artal (Bagnols sur Ceze, le 21 janv.-08)

 Les poèmes de Artal..

Ô Plume muse,

Ô Plume muse

T'admirer composer enfièvre mon envie
A fleurer de mes doigts ton échappée banale
En suprême émotion la rime épanouie
Ton chant est le plus doux Ô lyre provençale
 
A te voir folâtrer au spéos de ton Art
Provoquer la matière que le gré magnifie
Tout mon sang surchauffé en feria du départ
Au devoir de sa charge se fixe et l'extasie
 
Pour ce festin d'amour anoblie du cantique
Léger comme l'aigrette effleurant l'élégance
Tu enrichis le rêve un bienséant distique
Et partout je te porte, on couronne la stance
 
Toi, plume muse aimée mon étoile d'azur
Où erre ton signet, son brillant et ses ors
Fougueuse contention se crée dans la mesure
Puis me gorger enfin des versets en décors
 
Si nos cœurs empressés vers l'astre qui jouit
Envoient mille billets éclatants de lumière
En fille de Phoebé tu t'offres à mon esprit
Il reçoit ton frisson négligeant sa misère
 
Traversée luxuriante le poème s'éclaire
Ne le déformez pas il est graine féconde
Une vive espérance en ce fruit d'une chaire *
Ô plume sensitive, que j'envie ta faconde.
 
Artal  (02.2008 )

Lauréat du concours Poésie d'Aujourd'hui le 03 juin 2008

 Les poèmes de Artal..

le Garri

le Garri

J’ai posé là mon sac où je vis l’âme close
Juste de ce temps libre à composer ma prose
Terré comme un garri frémissant à bleuir
Renfle la solitude, je m’offre à son désir

Ma demeure est un vœu rêvé artistement
Quatre murs de pierres au rempart adhérent
Y ont musé les fées, l’armide et la gorgone
Diverses ombres ailées que caresse l’épigone

Sainte Hannah envoûtante, son captif paisible
Dès qu’il traite sa rime, la grâce indéfectible
En génie vaporeux lui vint porter l’amour
Que maîtrise agrémente l’inspiré troubadour

La plume duveteuse chante des litanies
A chasser la démence, aux ardeurs réunies
Nous préserver du mal affermir l’hémistiche
Qu’il est doux notre exil où le vers se fait riche

Il fut des nuits troublées aux parfums de Circé
Sous la douce lumière de par le chant forcé
Du merveilleux suprême, l’extase melliflue
Des ténèbres félines où Géhenne conflue

Bénie soit la quiétude la verve est à l’ouvrage
Mollement assoupie à subir le sevrage
C’est ici emmuré dans ce cocon de plume
Que l’esprit et la grâce se lieront au volume

La fortune bohème au bon aise intérieur
Le Garri en campagne cloîtré tel un prieur
Etageant ses rondeaux si l’appui est foison
Se grise le mulot, vous dédier le frisson.

Artal '02 2008)

 Les poèmes de Artal..